itué aux confins du Causse de Martel et des coteaux boisés du Périgord, le village de Salignac s'affirme au cours des siècles comme un lieu de passage entre Quercy, Limousin et Périgord Noir.

Ici comme ailleurs, le temps ne s'est pas arrêté et a vu, en particulier, le déplacement progressif du centre d'activité du quartier du Barry (au pied du château, à l'est) vers l'avenue de Sarlat (à l'ouest).

En l'absence de traces d'occupation antique, il faut remonter vers l'an 980 pour voir la naissance du village de Salignac au pied d'un donjon de bois établi par Geoffroi de Salignac, premier du nom, sur une éminence rocheuse aménagée en motte féodale, légèrement à l'écart du plateau. Au XIIe s., deux donjons en pierre lui succèdent sur la motte et l'église Saint-Julien est construite au sud-ouest du village, participant à l'extension du village.

Après la réunion du Périgord à la couronne de France en 1393, les seigneurs de Salignac sont successivement appelés aux charges les plus éminentes, dans le gouvernement de ce pays ou des contrées voisines, à la Cour, dans les ambassades et les armées. Parmi eux, le précepteur du petit-fils de Louis XIV, François de Salignac de la Mothe-Fénelon, archevêque de Cambrai qui, nous devons le reconnaître, n'a jamais séjourné à Salignac.
En 1545, en épousant Armand de Gontaud-Biron, Jeanne de Salignac lui apporte en dot la baronnie de Salignac. Avec elle, s'arrête la lignée directe des Salignac. La famille se continue cependant par la branche des Salignac-Fénelon.

En 1631, la peste frappe le village de Salignac. Si elle y fait près de 500 victimes dont Marguerite Hurault de l'Hôpital, petite-fille du célèbre chancelier Michel de l'Hôpital, veuve de Jean de Gontaud-Biron, baron de Salignac, ambassadeur de France à Constantinople, l'un des rescapés est Gauthier de Costes de la Calprenède, l'un des romanciers et auteurs dramatiques les plus prisés de ses contemporains du siècle de Louis XIV.

La Révolution entraîne, à la fin du XVIIIe siècle, d'importantes transformations du bourg dont la création de nouvelles places. C'est alors, en 1791, que bon nombre des documents qui auraient permis de connaître en détail l'histoire médiévale du village sont brûlés par la population en liesse : titres féodaux, archives notariales et de la cure...

Ensuite, Salignac connaît de nouvelles modifications dont la création de la route départementale qui vient ouvrir une percée à travers le bourg drainant dès lors l'extension du village vers ses abords.




Pour en savoir plus :
- LACOMBE C., Le château de Salignac en Périgord. Histoire et archéologie, 1991.
- LACOMBE C., A Salignac, sous le Consulat, troubles de l'ordre public, "cris séditieux", et "orgie autour de l'Arbre de la Liberté", Bull. Soc. d'Art et d¹Hist. de Sarlat et du Périgord Noir, n° 56, 1994.
- VILLATTE P., Le canton de Salignac. (Dordogne) Des origines à la fin du Moyen Age (1453), t. I, 1940.
- VILLATTE P., Le canton de Salignac (Dordogne) de la fin du Moyen Age à la Révolution (1453-1789), t. II, 1935.
- VILLATTE P., La société salignacoise à la veille de la Révolution (1748-1789), t. III, 1936.
- VILLATTE P., Le canton de Salignac pendant la Révolution, t. IV, 1934.
- VILLATTE P., Le canton de Salignac (Dordogne) de la fin de la Révolution à nos jours (1795-1945), Manuscrit inédit.


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